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Carrière et changement

La dissonance cognitive : pourquoi nous défendons une situation qui nous rend malheureux

Publié le par Alice Kazantzidis 14 min de lecture

Sommaire

On peut défendre en réunion, avec conviction, une situation professionnelle dont on se plaint chez soi depuis des mois. La contradiction n'est qu'apparente. Se trouver de bonnes raisons de rester coûte moins cher que partir, et notre esprit fait ce calcul sans nous le dire : c'est ce calcul silencieux que décrit la théorie de la dissonance cognitive. Nous verrons ce qu'elle affirme, ce que les expériences qui l'ont fondée montraient vraiment, et pourquoi les recherches récentes obligent à la présenter avec prudence.

« De toute façon, aucun travail n'est parfait »

Un collègue vous demande comment ça va au bureau. Vous répondez que la charge est lourde et que le management est absent. Mais vous ajoutez que l'équipe est bonne, que vous avez de l'autonomie, et qu'après tout, aucun travail n'est parfait. Vous entendez votre propre phrase et vous la trouvez juste. Puis, 3 heures plus tard, vous dites à votre conjoint que vous n'en pouvez plus.

Les deux discours sont sincères. Simplement, ils ne répondent pas au même problème. Le second décrit votre état. Le premier sert à autre chose : il apaise une incohérence entre ce que vous vivez (vous êtes à bout) et ce que vous faites (vous restez).

Cette gêne a un nom. La dissonance cognitive désigne l'inconfort que l'on ressent quand 2 éléments de ce que l'on pense, ressent ou fait ne vont pas ensemble. Elle désigne aussi la pression qui en découle et qui nous pousse à retrouver une cohérence. Le psychologue américain Leon Festinger a formulé cette théorie en 1957, dans un livre consacré à la question. Son idée centrale est moins évidente qu'elle n'en a l'air. Cet inconfort ne nous pousse pas d'abord à comprendre ce qui se passe. Il nous pousse à faire disparaître l'écart, par le moyen qui nous coûte le moins.

Une précision de vocabulaire. La dissonance n'est pas le simple fait d'avoir des idées contradictoires : tout le monde en a. C'est l'état désagréable qui apparaît quand 2 éléments importants se contredisent et que l'on ne peut plus éviter de le remarquer. Le plus souvent, c'est parce que l'on vient d'agir à l'inverse de ce que l'on pense. Par exemple, vous jugez votre poste intenable, et vous venez de signer pour 1 an de plus.

3 sorties possibles, et celle que l'on prend presque toujours

Quand ce que vous pensez et ce que vous faites ne vont pas ensemble, il existe 3 grandes façons d'en sortir. Il en existe d'autres, secondaires, comme se dire que ce conflit n'a pas tant d'importance.

La première consiste à changer de comportement : vous trouvez ce poste intenable, donc vous partez. C'est la sortie la plus cohérente, et la plus coûteuse : un préavis, une recherche d'emploi, un risque financier, parfois une perte de statut.

La deuxième consiste à changer ce que l'on pense : vous décidez que ce poste, finalement, n'est pas si dur. En apparence, cette voie ne coûte rien. Mais elle vous oblige à contredire ce que votre corps continue d'enregistrer, la fatigue, la tension. C'est pourquoi, à elle seule, elle tient rarement longtemps.

La troisième consiste à ajouter une justification, sans rien changer d'autre. Vous ne partez pas, et vous ne prétendez pas que tout va bien. Vous ajoutez une raison qui rend compréhensible le fait de rester. Le marché de l'emploi est fermé cette année. Les enfants sont encore petits. Il ne reste que 18 mois avant la fin du projet. Cette troisième voie est souvent la plus tentante, parce qu'elle coûte le moins et qu'elle ne demande de renoncer à rien.

C'est aussi la plus difficile à repérer de l'intérieur, car chacune de ces raisons peut être vraie. La question n'est donc pas de savoir si elles sont vraies, mais à quoi elles servent. Imaginez la même raison, mot pour mot, dans 2 cas. Dans le premier, vous l'aviez en tête de toute façon. Dans le second, elle surgit juste après un moment de doute, et elle le fait taire. Elle ne joue pas le même rôle.

Un employé fatigué, assis à son bureau, regarde la photo de ses 2 jeunes enfants posée près de l'écran ; son manteau et son sac attendent près de la porte de sortie.

D'où vient cette théorie, et sur quoi elle repose

Festinger a construit sa théorie à partir de 2 sources très différentes. Elles n'ont pas le même poids comme preuves.

La première est une observation faite dans la vie réelle. En 1956, Festinger, Henry Riecken et Stanley Schachter publient l'étude d'un petit groupe américain. Ses membres étaient persuadés qu'un cataclysme allait détruire le monde à une date précise, et qu'eux seraient sauvés. Selon le livre des chercheurs, la date est passée sans catastrophe, et le groupe ne s'est pas dissous. Il a réinterprété l'événement et s'est mis à chercher de nouveaux adeptes. Le récit est saisissant, mais il prouve peu. Il s'agit d'un cas unique, et d'un groupe minuscule. De plus, les observateurs infiltrés dans le groupe étaient si nombreux qu'ils ont pu renforcer eux-mêmes l'engagement des membres, c'est-à-dire précisément ce qu'ils étudiaient. En 2025, après avoir consulté des archives longtemps restées fermées, le chercheur indépendant Thomas Kelly a même soutenu que ce récit était faux. Selon lui, le groupe cherchait déjà à convertir des gens avant la date, sa dirigeante a renoncé à sa prophétie, et le groupe s'est dispersé peu après. Il décrit aussi des chercheurs intervenus activement dans les événements.

La seconde source est une expérience en laboratoire. Festinger et James Carlsmith la publient en 1959, et elle reste aujourd'hui le pilier de la théorie. Des étudiants passaient 1 heure sur 2 tâches choisies exprès pour être assommantes. Ils devaient remplir et vider un plateau de bobines, puis tourner des chevilles d'un quart de tour à la fois. On leur demandait ensuite de dire à la personne suivante que l'exercice avait été intéressant et amusant. Un groupe recevait 1 dollar pour ce mensonge, un autre 20 dollars. Un troisième groupe n'avait pas à mentir : il servait de point de comparaison, ce que les chercheurs appellent un groupe témoin. Enfin, chacun notait à quel point la tâche lui avait plu, sur une échelle de moins 5 à plus 5. Plus la note est haute, plus la tâche a plu. On leur demandait aussi s'ils seraient prêts à participer à une expérience du même genre.

Le résultat va contre l'intuition. Le groupe témoin donnait une note légèrement négative, moins 0,45 : la tâche était bien ennuyeuse. Les participants payés 20 dollars donnaient presque la même note, moins 0,05. Ceux payés 1 dollar, eux, montaient à plus 1,35, une note modérément positive. Comment l'expliquer ? Ceux qui avaient reçu 20 dollars avaient une bonne raison de mentir : l'argent. Ceux qui n'avaient reçu que 1 dollar n'en avaient pas. Pour rendre leur conduite acceptable à leurs yeux, ils ont déplacé leur opinion : si la tâche était plutôt intéressante, ils n'avaient pas vraiment menti.

Ce résultat a des limites qu'il faut connaître. Seuls 20 participants par groupe ont été analysés. Tous étaient des étudiants masculins, issus du même cours de psychologie à Stanford. Les chercheurs ont aussi écarté de l'analyse 11 personnes recrutées, toutes issues des groupes payés 1 ou 20 dollars, aucune du groupe témoin. Retirer des participants de certains groupes seulement peut fausser la comparaison. Enfin, la différence entre les groupes est « significative » pour le plaisir pris à la tâche. Autrement dit, si le paiement ne changeait rien, un écart aussi grand serait peu probable : le hasard seul l'explique mal. Pour l'envie de recommencer, l'écart va dans le même sens, mais reste trop incertain pour conclure. C'est une expérience élégante, pas une preuve tirée d'une masse de données.

Pourquoi ce qui coûte devient précieux

Cette logique a une conséquence utile pour réfléchir à sa carrière : plus une chose vous a coûté, plus vous aurez de raisons de la trouver bonne.

En 1959, Elliot Aronson et Judson Mills ont imposé à des étudiantes une épreuve embarrassante pour être admises dans un groupe de discussion. Ensuite, ils leur ont fait écouter une conversation de ce groupe, volontairement sans intérêt. Les étudiantes qui avaient subi l'épreuve la plus pénible ont jugé le groupe plus intéressant que celles entrées sans obstacle. Leur raisonnement implicite serait : j'ai payé cher pour entrer, donc cela devait en valoir la peine. En 1966, Harold Gerard et Grover Mathewson ont refait l'expérience en remplaçant l'épreuve embarrassante par des chocs électriques. Ils voulaient vérifier que c'était bien la pénibilité qui comptait, pas le contenu de l'épreuve. Ils ont obtenu le même résultat.

Ce mécanisme s'appelle la justification de l'effort. Il se transpose de façon plausible au travail, mais aucune des expériences citées ne l'a testé dans ce cadre. Pensez à une intégration difficile, une période d'essai éprouvante, un diplôme obtenu en cours du soir. On ne défend pas seulement un poste. On défend aussi ce qu'il a fallu traverser pour l'obtenir.

La vie réelle impose d'ailleurs une réserve. En 1997, aux Pays-Bas, Hein Lodewijkx et Joseph Syroit ont suivi 2 vraies initiations de groupe, l'une sévère, l'autre douce. Si la théorie s'appliquait telle quelle, plus l'épreuve était dure, plus les nouveaux auraient dû s'attacher au groupe. Les chercheurs n'ont trouvé ce lien ni dans l'une ni dans l'autre. Ce qui permettait de prévoir l'attachement au groupe, c'était la camaraderie entre nouveaux, quelle qu'ait été la dureté de l'épreuve. La dureté, elle, allait plutôt de pair avec de la frustration, de la solitude et une humeur dépressive. Or une épreuve brève et sans enjeu, au laboratoire, n'est pas équivalente à une hiérarchie bien réelle, où la souffrance dure et où l'on ne choisit pas vraiment de la subir.

Ce n'est pas non plus la même chose que de continuer un projet parce qu'on y a déjà englouti du budget. Ce raisonnement-là porte un autre nom : le biais des coûts irrécupérables. Dans ce cas, on protège un investissement passé : on ne veut pas que l'argent ou le temps déjà dépensés l'aient été pour rien. Dans la justification de l'effort, on protège l'image que l'on a de soi : on ne veut pas avoir accepté de souffrir pour une chose sans valeur.

Dans un petit local d'université des années 1950, une étudiante encore rougissante écoute au casque une discussion enregistrée et hoche la tête avec intérêt, une fiche d'évaluation devant elle.

Rester, et se donner raison de rester

Vous acceptez un poste que vous ne vouliez pas tout à fait, parce que le contexte l'imposait. Personne ne vous a forcé, du moins pas visiblement : vous avez signé. Ce point compte, car la dissonance apparaît surtout quand on se sent responsable de ce que l'on a fait. Les premiers mois, vous parlez de ce choix comme d'un compromis. Puis vous cessez d'en parler ainsi. Vous listez les avantages, vous relativisez les inconvénients. Vous devenez, en réunion, la personne qui explique aux nouveaux que la maison a ses défauts, mais aussi ses qualités.

Cette évolution n'est pas de la mauvaise foi. C'est un travail d'ajustement, et il vous a rendu la situation vivable. Mais il a un coût : vous avez perdu l'accès à votre propre évaluation. Le jour où une occasion se présente, vous n'avez plus les arguments qui vous auraient permis de la saisir. Vous avez passé 3 ans à les démonter vous-même.

La même mécanique explique un phénomène que les équipes connaissent bien. Un responsable qui a défendu publiquement une décision en devient plus convaincu que s'il l'avait seulement prise. Ce n'est pas de l'orgueil, ou pas seulement. Il lui est surtout difficile de garder en tête à la fois « j'ai défendu ce projet devant 40 personnes » et « ce projet était une erreur ».

Ce qui est établi, ce qui est discuté

La théorie de la dissonance compte parmi celles qui ont suscité le plus de recherches en psychologie sociale, la branche qui étudie comment les autres et les situations sociales influencent ce que nous pensons et faisons. Elle est aussi l'une des plus retravaillées. La présenter comme un savoir stable et définitif serait malhonnête.

Dès 1967, Daryl Bem a proposé une autre explication, qui se passe entièrement de l'inconfort : la théorie de la perception de soi. Selon lui, nous déduisons nos opinions de nos propres actes, comme le ferait quelqu'un qui nous observe de l'extérieur. Si j'ai dit que la tâche était intéressante sans y être poussé, j'en conclus que je devais la trouver intéressante. Aucune tension n'est nécessaire pour expliquer le résultat.

En 1974, Mark Zanna et Joel Cooper ont tenté de départager les deux explications. Leur logique : si un malaise réel provoque le changement d'opinion, alors donner aux gens une autre cause à ce malaise devrait supprimer l'effet. Des participants écrivaient un texte contraire à leur opinion, après avoir pris un comprimé sans aucun principe actif, autrement dit un placebo. Selon les cas, on leur présentait ce comprimé comme provoquant de la tension, de la détente, ou rien du tout. Ceux à qui l'on avait annoncé un effet de tension pouvaient mettre leur malaise sur le compte du comprimé. Contrairement aux autres, ils n'ont pas modifié leur opinion : le comprimé expliquait déjà leur gêne, nul besoin de se justifier. Ce résultat plaide pour l'existence d'un état désagréable bien réel, dont la théorie de Bem se passe.

En 1984, Joel Cooper et Russell Fazio ont soutenu que l'incohérence ne suffit pas. Selon eux, ce qui déclenche la dissonance serait le sentiment d'avoir provoqué une conséquence indésirable, par sa propre décision, alors qu'on pouvait la prévoir. Par exemple, avoir convaincu quelqu'un d'une chose fausse en sachant que cela risquait de le tromper. Pour Festinger, la contradiction entre 2 idées suffisait. Pour eux, c'est le sentiment d'être responsable d'un tort qui compte.

Le point le plus sérieux est récent. En 2024, une équipe coordonnée par David Vaidis a testé à très grande échelle un autre protocole classique de la dissonance, différent de l'expérience des bobines, pour vérifier si son résultat tenait. Près de 4 900 participants, dans 39 laboratoires et 19 pays, devaient écrire un texte défendant une position impopulaire. À une partie d'entre eux, on avait laissé clairement la possibilité de refuser ; aux autres, non. La théorie prévoit que ceux qui se savent libres de refuser changent davantage d'avis, puisqu'ils ne peuvent pas se dire « on m'a obligé ». Cet écart attendu entre les deux groupes n'a pas été retrouvé. Les auteurs en concluent que ce protocole ne fournit pas la preuve solide qu'on lui prêtait.

Ce résultat appelle 2 réserves. D'abord, un autre groupe écrivait un texte neutre, sans prendre position. Ceux qui avaient écrit un texte contraire à leur opinion ont bien changé d'avis davantage que ce groupe. L'écriture a donc eu un effet ; c'est celui de la liberté de refuser qui manque à l'appel. Ensuite, dans la revue qui publiait cette étude, Shiva Pauer, Roman Linne et Hans-Peter Erb ont réanalysé ces données autrement. Au lieu de comparer les groupes selon ce que les chercheurs leur avaient dit (vous pouvez refuser, ou non), ils ont regardé à quel point chaque participant disait s'être senti libre. Vu ainsi, le changement d'opinion réapparaît, mais seulement chez ceux qui se disaient libres.

Au total, une idée reste appuyée par de très nombreuses études : nous justifions ce que nous avons fait, et cette justification change ensuite ce que nous pensons. Le détail du mécanisme, lui, est encore discuté près de 70 ans après.

Ce que l'on peut en faire

Il n'existe pas de technique pour ne plus se justifier. C'est une opération normale, et souvent utile. Ce qui est possible, c'est de retrouver l'accès à son propre jugement.

Un premier repère consiste à noter la chronologie. Une raison de rester qui existait avant que la question ne se pose n'a pas le même statut qu'une raison apparue juste après un moment de découragement. La seconde a peut-être surtout servi à calmer le doute. Écrire les deux listes séparément, avec des dates, suffit souvent.

Un deuxième repère consiste à distinguer la description de la conclusion. Dire « la charge est excessive depuis 14 mois » est une description : elle constate ce qui se passe. Dire « c'est comme ça partout » est une conclusion. C'est elle qu'il faut examiner, pas la première.

Un troisième repère, plus exigeant, consiste à se poser la question comme si le choix était neuf. Si l'on vous proposait aujourd'hui ce poste, à ces conditions, en sachant ce que vous savez, le prendriez-vous ? La question n'a rien de rhétorique. Parfois, la réponse est oui, et l'affaire est réglée. Quand elle est non, elle rend visible ce que la justification masquait : rester est aussi une décision, que l'on reprend chaque mois. Le confort de ne pas la nommer a lui aussi son prix. C'est ce même confort que décrit le biais du statu quo.

Rien de tout cela n'oblige à partir. Beaucoup de personnes font ce travail et restent, mais autrement : en sachant pourquoi, et en cessant de défendre devant les autres ce qu'elles ne défendent pas au fond d'elles-mêmes.

À une table de cuisine, les mains d'un homme âgé écrivent 2 listes sur 2 feuilles séparées, chaque ligne précédée d'un petit repère.

En résumé

  • La dissonance cognitive désigne l'inconfort ressenti quand ce que l'on pense, ce que l'on ressent et ce que l'on fait ne vont pas ensemble, et la pression à réduire cet écart.
  • Il existe 3 grandes façons d'en sortir : changer son comportement, changer son opinion, ou ajouter une justification. La troisième est souvent la plus tentante, parce qu'elle ne coûte rien sur le moment.
  • Dans l'expérience de Festinger et Carlsmith (1959), ce sont les participants les moins payés pour mentir qui ont ensuite le mieux jugé la tâche. Mais elle ne portait que sur 20 personnes par groupe.
  • La justification de l'effort suggère qu'un poste durement obtenu sera ensuite mieux défendu, mais des études menées sur de vraies initiations de groupe n'ont pas retrouvé ce lien.
  • La théorie reste discutée. Une autre explication la concurrence (la perception de soi), et elle a été révisée : ce qui compterait surtout, c'est de se sentir responsable d'une conséquence fâcheuse. Une vaste vérification d'un protocole classique, publiée en 2024, n'a pas retrouvé l'effet d'être libre de refuser.
  • Ce qui est utile n'est pas de cesser de se justifier, mais de dater ses raisons et de vérifier si l'on choisirait aujourd'hui la situation que l'on défend.

Et si vous êtes concerné(e) ?

Quand on a passé des années à expliquer aux autres pourquoi on reste, il devient difficile de savoir ce que l'on en pense vraiment. Ce travail se fait mal seul : il demande quelqu'un qui n'a rien à gagner à votre décision. C'est l'objet d'un coaching en changement ou transition de carrière, où l'on sépare ce que vous voulez de ce que vous avez appris à trouver acceptable.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire Le biais de confirmation : pourquoi nous cherchons surtout à avoir raison, sur la façon dont nous alimentons ensuite nos justifications, et Pourquoi résistons-nous au changement : les mécanismes psychologiques en jeu, sur ce qui se joue au moment de quitter une situation connue.

Une question reste ouverte : personne ne sait encore combien de temps une justification peut tenir, ni ce qui la fait céder un jour plutôt qu'un autre.

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