PsyKaz Prendre rendez-vous

Carrière et changement

Les avantages du coaching exécutif pour le développement du leadership

Publié le par Alice Kazantzidis Mis à jour le 11 min de lecture

Sommaire

Cet article explique ce qu'est le coaching exécutif et ce qu'il apporte concrètement à la façon de diriger. Le nom vient de l'anglais executive coaching, où executive désigne les cadres et dirigeants. L'article s'adresse donc à celles et ceux qui encadrent une équipe ou une organisation, et qui cherchent à y voir plus clair, à mieux convaincre et à travailler plus sereinement. Vous y trouverez ce que ce coaching est et n'est pas, ce que la recherche en dit, ses 5 bénéfices principaux, un exemple de parcours et des repères pour choisir un coach.

Le potentiel des dirigeants : comment le coaching des cadres stimule la croissance

Même les cadres les plus accomplis connaissent des doutes. Ils ont parfois des compétences à consolider, ou besoin d'un regard neuf. C'est là qu'intervient le coaching des cadres. Ce n'est pas une béquille, mais un espace pour réfléchir à sa manière de diriger et la faire évoluer, que l'on encadre une petite équipe ou une organisation entière.

Qu'est-ce que le coaching exécutif ?

Le coaching des cadres est un travail organisé autour d'objectifs précis, que le coach et le dirigeant clarifient ensemble. Un coach qualifié y rencontre un dirigeant en tête-à-tête, séance après séance. Le but est de l'aider à développer ses compétences, à mieux se connaître et à être plus efficace dans son rôle.

On le confond souvent avec d'autres formes d'aide. Le mentorat, par exemple, repose sur le partage d'expérience : une personne plus expérimentée raconte ce qu'elle a fait et donne des conseils. Le coach, lui, aide le dirigeant à trouver ses propres solutions, à affronter ses défis et à se fixer des objectifs réalistes. Le coaching se distingue aussi du conseil. Un consultant apporte une expertise sur le problème lui-même, par exemple une réorganisation ou un budget. Le coach, lui, travaille sur la personne qui doit résoudre ce problème. Enfin, le coaching n'est pas une psychothérapie, qui prend en charge une souffrance psychique. Il s'adresse à une personne qui fonctionne bien et qui veut faire évoluer sa pratique.

Ce que la recherche dit du coaching

Le coaching a longtemps été plus pratiqué qu'étudié. La recherche a depuis rattrapé une partie de ce retard. Pour savoir si le coaching fonctionne, plusieurs équipes de chercheurs ont chacune rassemblé et analysé ensemble les résultats d'une vingtaine d'études menées en entreprise. Ce type de synthèse s'appelle une méta-analyse. Son intérêt : une seule étude peut tomber sur un résultat par hasard, alors qu'un ensemble d'études donne une image plus fiable.

Ces méta-analyses arrivent à la même conclusion. Le coaching a un effet positif, d'ampleur modérée : autrement dit, en moyenne, l'amélioration mesurée n'est ni minime ni spectaculaire. Cet effet porte sur la performance au travail, sur le bien-être et sur la capacité à faire face au stress. Une synthèse en particulier précise où cet effet est le plus net : dans la capacité à se fixer un objectif et à s'y tenir. Les auteurs signalent eux-mêmes les limites de ces travaux. Les études restent peu nombreuses et très différentes les unes des autres : elles ne portent pas forcément sur les mêmes personnes ni sur la même façon de coacher. Il faut donc lire ces résultats avec prudence.

Un résultat mérite l'attention. Les chercheurs ont aussi étudié ce qui distingue les coachings les plus réussis. L'un des éléments les plus liés à un bon résultat n'est pas la méthode employée par le coach. C'est la qualité de la relation de travail, telle que la personne coachée la ressent, notamment le fait de se sentir comprise et en confiance. Un autre élément est la confiance de la personne dans sa propre capacité à agir. Le psychologue Albert Bandura a donné un nom à cette confiance : le sentiment d'efficacité personnelle. Elle se construit surtout par l'expérience réussie. Par exemple, c'est en osant une conversation difficile, puis en constatant que l'équipe a suivi, que l'on devient capable de mener la suivante.

Le travail porte donc moins sur ce que le dirigeant sait que sur ce qu'il fait au quotidien : sa manière de décider par réflexe, d'écouter, ce qu'il délègue et ce qu'il garde pour lui. Pour cela, les coachs partent souvent d'une idée : nos actes sont guidés par des pensées automatiques dont nous nous rendons rarement compte, comme « si je ne contrôle pas tout, ça va mal tourner ». Repérer ces pensées permet ensuite de changer le comportement qu'elles entraînent. Les méthodes fondées sur cette idée, très utilisées en coaching, s'appellent les approches cognitivo-comportementales.

Quelques définitions utiles

Avant les bénéfices du coaching, voici 4 notions qui reviennent tout au long de l'article. La résilience, d'abord, est la capacité à s'adapter et à rebondir après une épreuve difficile, une perte, un traumatisme ou un échec. C'est un peu l'arbre qui plie sous le vent sans casser. Les psychologues la décrivent le plus souvent comme un processus qui se construit, plutôt que comme un trait de caractère fixe que l'on posséderait ou non. Elle s'appuie sur des ressources internes, comme la confiance en soi, et externes, comme le soutien des autres. Elle va souvent de pair avec l'intelligence émotionnelle, c'est-à-dire la capacité à percevoir et à comprendre ses propres émotions, à reconnaître celles des autres et à y répondre de façon adaptée.

Les croyances limitantes, ensuite, sont des idées profondément ancrées qui empêchent d'avancer. Elles ressemblent à « je ne suis pas assez bon », « si je délègue, je perds la main » ou « c'est trop tard pour changer ». On les examine rarement, et pourtant elles pèsent sur nos choix. Une partie du coaching consiste à les formuler à voix haute pour les confronter aux faits.

Le feedback, enfin, est un retour donné ou reçu sur une action, un comportement ou un résultat. Il agit comme un miroir : il montre les forces autant que les points à améliorer. Mais il n'est pas utile par nature. Un retour qui vise la personne plutôt que la tâche peut faire baisser la performance. Par exemple, « tu es désorganisé » juge la personne. « Ce rapport est arrivé après la réunion, donc nous n'avons pas pu l'utiliser » décrit plutôt un fait précis et son effet. Un bon feedback décrit un comportement précis, propose des pistes et reste respectueux.

Un jeune arbre au tronc souple courbé par le vent au bord d'un pré, ses feuilles intactes

Bénéfices clés du coaching exécutif

Les effets d'un accompagnement se retrouvent dans 5 domaines, du plus personnel au plus stratégique. Ils se renforcent l'un l'autre : mieux se connaître rend la communication plus juste, et une communication plus juste facilite la décision.

1. Une meilleure connaissance de soi et plus d'intelligence émotionnelle

Les bons dirigeants connaissent leurs forces et leurs limites. Or plus on monte dans la hiérarchie, moins on reçoit de retours francs : les collaborateurs hésitent souvent à critiquer leur supérieur. Des « angles morts » s'installent alors, c'est-à-dire des aspects de sa façon d'agir, et de leurs effets sur les autres, que l'on ne voit pas soi-même et que personne ne signale. Le coaching offre un lieu pour demander ces retours, parfois grâce à un feedback dit « à 360 degrés » : des personnes situées tout autour du dirigeant dans l'organisation répondent à des questions sur sa façon de diriger. Savoir comment on est perçu permet de décider en connaissance de cause, de mieux dénouer les conflits et de renforcer les relations. Par exemple, un dirigeant qui découvre qu'il coupe souvent la parole comprend mieux pourquoi certaines réunions se tendent. Sur la difficulté à évaluer justement ses propres compétences, voyez l'article consacré à l'effet Dunning-Kruger.

2. Une performance et une productivité accrues

Des retours ciblés et des buts clairs aident les cadres à gérer leur équipe plus efficacement, à mieux conduire leurs projets et à atteindre ce qu'ils se sont fixé. Le gain vient rarement d'une technique nouvelle, plus souvent de l'arrêt d'une habitude coûteuse, comme relire tout ce que l'équipe produit.

3. Une communication et une influence renforcées

Diriger, c'est influencer. Le coaching affine les compétences de communication : expliquer clairement où l'on veut aller, donner envie à ses équipes de suivre, aborder avec assurance les conversations difficiles. Beaucoup de séances servent d'ailleurs à préparer une conversation précise, comme un recadrage (rappeler à quelqu'un ce qui est attendu de lui) ou une annonce impopulaire. On peut la répéter en séance avant de la mener dans la situation réelle. Une communication plus nette rend l'équipe plus soudée et installe la confiance.

4. De l'adaptabilité et de la résilience

Le coach aide le dirigeant à cultiver sa résilience, à voir dans les revers des occasions d'apprendre et à se doter d'outils pour traverser le stress, l'incertitude et le changement. Cela passe aussi par une question moins glorieuse : celle de la récupération. Un leader qui n'a plus aucun moment sans sollicitation ne s'adapte pas mieux. Il s'use.

5. De la clarté dans la décision et la réflexion stratégique

Beaucoup de dirigeants enchaînent les décisions du matin au soir. Ils n'ont plus le recul pour distinguer celles qui comptent vraiment de celles qu'ils pourraient déléguer. Le coaching affûte la réflexion stratégique, c'est-à-dire la capacité à prendre de la hauteur sur ces choix. Il fournit des repères pour évaluer les options, voir à quoi chaque choix oblige à renoncer et trancher en connaissance de cause. Cette clarté aide à classer les priorités et à mettre les actions de chaque jour au service des objectifs de long terme. Quand un seul choix précis bloque depuis des mois, un accompagnement centré sur la prise de décision peut être plus adapté qu'un travail sur toute la manière de diriger.

Ce que cela donne en pratique : un exemple de parcours

L'exemple qui suit est fictif, composé à partir de situations fréquentes. Véronique, cadre supérieure dans une entreprise technologique, était sur le point d'entrer au comité de direction. Malgré un parcours impressionnant, elle avait du mal à déléguer et se sentait dépassée par des responsabilités qui ne cessaient de grandir. En coaching, elle a d'abord mis des mots sur la croyance qui nourrissait cette réticence : « si ce n'est pas passé par moi, ce ne sera pas au niveau ». Elle l'a ensuite mise à l'épreuve en confiant un dossier visible à une collaboratrice, puis en observant ce qui se passait réellement. Séance après séance, elle a construit de nouvelles façons de déléguer, et la confiance au sein de son équipe s'est renforcée. Au bout de 6 mois, elle occupait son nouveau rôle avec plus d'assurance et une vision stratégique plus nette. Le rythme d'un tel parcours varie toutefois d'une personne à l'autre.

Une grande corbeille de bois vidée dans 4 petits paniers disposés autour d'une table claire

Étapes à suivre pour les dirigeants qui envisagent un coaching

Un coaching se prépare, et quelques repères suffisent à démarrer avec des attentes justes :

  1. Identifier ses domaines de progression : repérez dans votre parcours les difficultés qui reviennent, les angles morts, les objectifs que vous n'atteignez pas, les conversations que vous repoussez.
  2. Choisir le bon coach : en Belgique, n'importe qui peut se dire coach, car ce titre n'est pas protégé. Le titre de psychologue, lui, est protégé par la loi : il suppose un diplôme universitaire et une inscription auprès de la Commission des psychologues. Renseignez-vous sur la formation de la personne, sur les règles professionnelles qu'elle s'engage à respecter et sur la confidentialité de vos échanges. La connaissance de votre secteur compte moins que la qualité de la relation que vous établissez avec elle.
  3. Rester ouvert au feedback : abordez le processus avec curiosité et une réelle disponibilité à recevoir des retours constructifs, puis à en faire quelque chose.
  4. Fixer des objectifs clairs : définissez avec votre coach des objectifs concrets et réalistes, pour que les séances débouchent sur des changements observables.

Il est aussi utile de savoir quand le coaching n'est pas le bon outil. C'est le cas si vous êtes épuisé(e) au point que le repos ne suffit plus, si votre anxiété déborde sur vos nuits ou si vous avez perdu le sens de votre travail depuis des mois. Un coaching centré sur la performance risque d'ajouter une exigence de plus à celles qui pèsent déjà. Un accompagnement lors d'un burnout ou un travail sur la gestion du stress, éventuellement avec l'avis d'un médecin, passe alors en premier.

L'effet d'entraînement : les bénéfices pour l'organisation

Quand les dirigeants progressent, l'organisation peut progresser avec eux. Le coaching des cadres n'améliore pas seulement une performance individuelle. Il peut aussi nourrir une culture où l'on continue d'apprendre, y compris de ses erreurs, et où chacun reçoit et assume davantage de responsabilités. Attention toutefois : les études mesurent surtout les changements chez la personne coachée. Les effets sur l'équipe, par exemple sur l'engagement, l'ambiance de travail ou l'envie des collaborateurs de rester, sont plausibles mais moins bien démontrés. En pratique, ce que le dirigeant apprend sur lui finit souvent par se voir dans la manière dont son équipe travaille.

Des ondes concentriques nées d'un seul galet s'élargissant à la surface d'un bassin calme

En résumé

  • Le coaching exécutif n'est pas réservé aux dirigeants en difficulté : il s'adresse à celles et ceux qui veulent continuer à grandir. Il se distingue du mentorat, du conseil et de la psychothérapie.
  • La recherche lui attribue un effet positif modéré, étroitement lié à la qualité de la relation avec le coach et à la confiance de la personne dans sa capacité à agir.
  • Il agit d'abord sur la connaissance de soi, qui sert de base à la décision, à la communication et à la gestion des conflits.
  • Pour en tirer parti : un coach transparent sur sa formation, ses règles professionnelles et la confidentialité, des objectifs concrets et une réelle ouverture au feedback.
  • Quand l'épuisement ou l'anxiété dominent, l'accompagnement psychologique passe en premier.

Et si vous êtes concerné(e) ?

Vous dirigez une équipe et vous sentez le besoin d'un espace pour penser à voix haute ? Je vous accompagne sur ces questions dans le cadre de mon accompagnement leadership et management : clarifier vos priorités, dénouer ce qui bloque, diriger avec plus d'assurance. Psychologue avant d'être coach, je sais aussi faire la part entre ce qui relève d'un travail sur votre manière de diriger et ce qui demande d'abord de souffler.

Si c'est toute une équipe qui est concernée, ou si l'organisation souhaite agir avant que les difficultés n'apparaissent, la page accompagnement en entreprise présente ce que je propose aux employeurs : coaching de managers, prévention de l'épuisement et accompagnement d'équipes en changement.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire Talents cachés : comment la compétence inconsciente façonne votre succès et Renforcer votre locus de contrôle pour gagner en efficacité au travail.

Un premier entretien suffit souvent à voir si cet espace vous serait utile. Son déroulement est décrit sur la page première consultation.

Dans la même thématique

Fatigue, doutes, envie de changement ? Vous n’avez pas à traverser cela seul(e).

Prendre rendez-vous